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juil 24

Beauséjour-Savard : les marques d’un guerrier

Les cicatrices, Julien Beauséjour-Savard connaît ça. Mais le défenseur du FC L'Assomption-Lanaudière n'en fait pas de cas. C'est même devenu sa marque de commerce, on dirait.

Beauséjour-Savard est entré dans la légende sportive lanaudoise, plus tôt ce mois-ci, quand il a subi une coupure à la tête. Il a continué à jouer avec un bandage autour de la tête, ce qui lui donnait des airs de soldat mal en point dans un film sur la guerre du Vietnam.

«J'ai reçu un coup de coude à la tête et ç'a commencé à saigner beaucoup, j'ai été obligé de me faire faire un bandage», a-t-il indiqué lors d'un récent entretien avec La 90e minute, en nous montrant la petite cicatrice d'environ 2 à 3 cm qui lui restait au cuir chevelu, juste au-dessus du front.

À savoir s'il a subi une commotion cérébrale ou pas au cours de l'incident, Beauséjour-Savard ne s'en préoccupe guère.

«J'étais correct pour jouer le reste du match, il s'agissait juste de faire le moins de têtes possible, a dit celui qui fêtera ses 26 ans le 12 août. Durant le match, tu ressens moins la douleur.»

Quelques jours après l'incident survenu lors d'un match contre l'AS Blainville, Beauséjour-Savard semblait davantage préoccupé du fait qu'il avait été en quelque sorte 'responsable' des deux points au classement perdus par les siens, lors d'un match qui s'est soldé par une nulle de 1-1.

Sa blessure est survenue assez tôt dans la rencontre (un peu avant la 40e minute), mais il a quand même continué à jouer après qu'on lui eut prodigué les premiers soins et enrubanné la tête. Sauf qu'à une dizaine de minutes de la fin, l'arbitre lui a demandé de sortir en touche afin qu'on lui refasse le bandage, parce que celui-ci était devenu trop taché de sang.

«On a mené (1-0) pratiquement tout le match, on s'est défendu… Ensuite j'ai dû sortir et, au moment où j'ai pu rembarquer sur le terrain (avec le nouveau pansement), ils ont fait un but. Ils ont donc profité du fait qu'on avait un joueur en moins», a expliqué Beauséjour-Savard.

Aux yeux d'Eduardo Sebrango, l'entraîneur du FC L'Assomption, la décision de garder Beauséjour-Savard dans le match en valait amplement la chandelle, parce que l'équipe avait plus à gagner qu'à perdre dans ce contexte.

«Julien est un battant, il affiche beaucoup de détermination et c'est ce qui fait de lui un bon joueur, a déclaré Sebrango. Il joue avec intensité, c'est un joueur qui veut bien faire. C'est un joueur important pour notre équipe.»

ADIEU LE MEXIQUE…

La cicatrice au front de Beauséjour-Savard vient s'ajouter à celle qu'il a déjà à la jambe, résultat d'un accident de moto. Un accident qui l'a peut-être privé d'une occasion de jouer au foot au Mexique.

Beauséjour-Savard venait d'aller participer en 2010 à un essai avec le Leon FC, un club de première division mexicaine qui était en deuxième division à l'époque. Il devait y retourner une deuxième fois quand il a eu cet accident de la circulation ici, au Québec.

«Un automobiliste m'a coupé le chemin, je l'ai évité mais je suis rentré dans un terre-plein, a-t-il décrit. Quelque chose m'est rentré dans le mollet. Je n'ai pas pu y aller la deuxième fois.»

Beauséjour-Savard s'est dit d'avis que son premier essai de deux semaines au FC Leon, obtenu grâce aux contacts de son agent à l'époque, s'était bien déroulé. Mais ici encore, il ne s'en fait pas avec ce qui aurait pu arriver s'il aurait pu y retourner. Il laisse entendre qu'il ne s'attendait pas à rester au Mexique à long terme.

«C'est sûr que là-bas, en tant que joueur canadien, il faut que tu te démarques beaucoup (pour qu'on te garde). J'avais décidé d'aller là-bas plus pour l'expérience qu'autre chose.»

Beauséjour-Savard semble attaché à ses racines puisqu'il a par ailleurs refusé une opportunité d'aller jouer au soccer universitaire aux États-Unis, avec l'Université de Wilmington en Caroline du Nord.

«Finalement, je ne suis pas allé, j'avais un autre plan de carrière en tête», a dit celui qui a plutôt fait ses études ici et qui travaille présentement pour le gouvernement.

Membre du FC La-La depuis les débuts du club en la Première ligue de soccer du Québec en 2012, Beauséjour-Savard apprécie par ailleurs l'accent que met le club sur le développement des joueurs de la région de Lanaudière.

«C'est bien, on a une bonne chimie, c'est vraiment une belle équipe», a dit à ce sujet celui qui est né à Repentigny, où il a intégré le sport-études de Félix-Leclerc à l'âge de 11 ans. «On essaie de se battre avec ce qu'on a, avec les moyens qu'on a, et on s'en sort souvent en se retrouvant en milieu de tableau. C'est une ligue où il y a beaucoup de parité.»

«Julien vient d'ici, il fait partie du club depuis quelques années maintenant, et sa présence a beaucoup de valeur aux yeux des partisans et des gens d'ici, dans Lanaudière», a fait remarquer Sebrango.

Selon Beauséjour-Savard, l'arrivée de Sebrango au poste d'entraîneur-chef du FC L'Assomption cette saison a été positive.

«C'est sûr qu'il amène une expérience professionnelle et une ambiance de ce niveau-là, a noté celui qui peut évoluer comme défenseur latéral ou central. Il est patient avec nous. Il veut que les gars s'impliquent, pas seulement durant les matchs mais à l'entraînement aussi. Il travaille beaucoup sur la motivation, sur la réaction que les joueurs doivent avoir quand on perd le ballon, sur l'importance de ne jamais abandonner, que ce n'est jamais fini, peu importe le score.»

L'Assomption se retrouve en avant-dernière place à l'heure actuelle, mais tout près des équipes de milieu de tableau. Ces dernières années, l'équipe avait réussi à rester au plus fort de la lutte jusqu'en milieu de saison, pour ensuite faiblir dans le dernier droit. Reste à voir si l'influence de Sebrango, et le leadership de joueurs comme Beauséjour-Savard, parviendront à donner une tangente différente au sprint final cette année.