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mar 03

Détente entre la FSQ et l’ACS

Tendues, les relations entre la FSQ et l'ACS? Où ça, dit Patrick Esparbès, le nouveau d.g. de Soccer Québec. Ce n'est pas le cas depuis qu'il est là.

Dans la deuxième des trois parties de notre entretien avec Esparbès, que nous publions aujourd'hui, le directeur général de la FSQ nous parle de sa façon de travailler avec les dirigeants de l'Association canadienne de soccer. Qui, et ça en étonnera certains, est plutôt harmonieuse et constructive.

La 90e MINUTE : Tu nous disais (en première partie) que ç'a été facile de discuter avec l'ACS concernant l'adhésion de l'académie du Fury d'Ottawa à la PLSQ. Pourtant, on a toujours eu l'impression que l'ACS et la FSQ sont comme chien et chat.

PATRICK ESPARBÈS : Ça, ça va changer. En fait, ç'a déjà changé. Moi, jusqu'à maintenant, les rencontres que j'ai eues avec (l'ACS), on a toujours été en mode 'solution'. Earl Cochrane (le directeur général adjoint), qui gère l'administration à l'Association canadienne pendant que Peter Montopoli est davantage rattaché à la Coupe du monde féminine, est un homme très sensé, très ouvert, qui a modifié plein de choses. Peter voulait les changer déjà, mais c'est Earl qui les met en place.

Chaque mois, on a un appel conférence avec l'ACS. Les dossiers sont suivis. Si je veux parler avec Earl, je prends rendez-vous, on se parle, et s'il y a des questions, le suivi se fait. Il n'y a rien de parfait, mais je n'ai que des bons commentaires à faire en ce moment à propos de l'ACS.

C'est vrai qu'on a nos particularités, c'est vrai qu'on a des choses qu'on a développées depuis longtemps et qu'eux sont en train de commencer à développer, mais… On fait partie du Canada, jusqu'à preuve du contraire, mais en même temps on est le Québec, on est francophones, alors on développe nos choses en français. Si je peux faire traduire des documents pour leur donner, on le fait. Et eux, s'ils ont des documents à nous faire partager, ils essaient de nous les traduire maintenant. Ça démontre que les directeurs généraux des provinces, les dirigeants de l'ACS, on se parle, on se respecte et on partage des choses. Donc collectivement, c'est un sérieux pas en avant, du moins au niveau des opérations.

Un autre exemple. Là, en ce moment, les frais de pré-formation de la FIFA, les transferts internationaux… On a plusieurs équipes en MLS, en NASL, aux États-Unis aussi ça bouge beaucoup. Le Canada commence à produire de bons joueurs, et il commence à y avoir le besoin de respecter la réglementation de la FIFA, faute de quoi il a y a des amendes salées. J'ai appelé Earl Cochrane pour lui expliquer que c'est quelque chose qui commence à devenir un problème, qu'il commence à y avoir des 'peddlers' de joueurs pros, qui se disent des agents, mais qui ne sont pas des agents; ce sont des gens qui veulent profiter financièrement des jeunes.

On a eu un cas de jeune qui s'est fait solliciter quand il était en Belgique, à 15 ans. Mais il y a une réglementation de la FIFA qui dit qu'en bas de 18 ans, c'est interdit de faire de la représentation et de les solliciter pour aller jouer pour X, Y, Z. Ça, en tant que Fédération provinciale, on commence à l'entendre, parce qu'il y a de plus en plus de joueurs qui commencent à se promener à l'étranger. Avec l'ACS, on s'est dit, vous pensez pas qu'il faudrait qu'on se dote d'un expert dans ce dossier-là pour s'assurer que les clubs pros, en lien avec nos semi-pros, en lien avec nos ligues de soccer élite, qu'on respecte la juridiction de la FIFA et qu'on s'assure qu'on fait les choses convenablement pour les enfants.

Et l'ACS a dit, vous avez bien raison. On va y penser.

EN l'ABSENCE DE CHAMPIONNATS CANADIENS

90eM : Il n'y a plus de championnats canadiens des sélections provinciales, l'ACS n'y voyant plus d'intérêt pour elle, car au chapitre du dépistage, on estime que les joueurs qui arrivent en sélections nationales arrivent plutôt des académies des clubs professionnels. L'ACS a donc annulé les championnats selon ses intérêts à elle, pas nécessairement ceux des provinces. Mais les Équipes du Québec ont toujours été un élément important pour la FSQ, alors qu'est-ce qui est en chantier pour garder cette importance? Quelle est la pertinence que gardent les Équipes du Québec, en rapport également avec l'académie de l'Impact?

PE : En ce moment, l'ACS, ils s'enlignent comme ça. Est-ce que ça restera toujours comme ça? Ils sont en train d'évaluer ça avec le département technique, et de voir ce qu'ils vont faire. Parce qu'on s'entend que des fois, on essaie des choses et ça fonctionne, et parfois non. Il y a juste les fous qui ne changent pas d'idée, et juste ceux qui n'essaient rien qui n'arrivent jamais à rien.

Alors l'ACS a décidé de faire ça et, d'accord ou pas d'accord, moi je leur laisse le bénéfice du doute, OK. Mais si vous, vous avez décidé de ne plus faire ça, moi, pour m'assurer que le développement de mes Équipes du Québec fonctionne comme il faut, il faut que je trouve ce que je veux faire pour y arriver.

Notre mandat, en tant que Fédération, c'est que si les jeunes qui se sont inscrits au soccer en font leur passion et leur rêve, je dois m'assurer que si X, Y, Z ne donne pas ce que je pense qu'on devrait donner aux jeunes pour leur développement, c'est à moi de m'en occuper; il faut que j'arrête de 'bitcher' sur X, Y, Z, qui n'a soi-disant pas fait sa job. C'est à moi de le faire et lui, il verra après s'il doit faire son mea culpa ou non. Je vais faire mes représentations politiques auprès de qui de droit pour essayer de voir et pour questionner. Mais il ne faut pas attendre après les autres pour faire avancer les affaires.

On a souvent été en confrontation (par le passé), à vouloir se chicaner pour X, Y, Z. J'ai fait ça pendant 25 ans (au judo). Ça, c'est fatigant, ça demande de l'énergie. Je préfère être constructif et faire ce que j'ai à faire. Après, quand c'est le temps de discuter et de débattre des points, je le ferai. Mais je me battrai pas contre le mur en faisant rien.

Donc cette année, en lien avec ça, on a décidé d'amener les Équipes du Québec en Europe. Elles sont allées en France, en Belgique et au Luxembourg.

Les Équipes du Québec vont toujours demeurer, parce que tu en as besoin pour les Jeux du Canada, tu en as besoin pour les Jeux de la Francophonie, pour les matchs de sélections de notre équipe de développement au CNHP, quand des équipes d'autres pays viennent ici.

LES QUÉBÉCOIS

90eM : Au mois de mai dernier, La 90e minute publiait un reportage sur le fait que Les Québécois avaient décidé de laisser tomber le soccer hors-FIFA afin de collaborer avec la FSQ dans le but d'arriver à un programme des Équipes du Québec seniors. Où en est-on rendu dans ce dossier?

PE : Pour l'instant, on attend de voir quels seront les débouchés financiers, parce que ça demande de l'argent de développer une véritable Équipe du Québec senior. En ce moment, avec la PLSQ, avec ce qui est en train de se développer en ce qui regarde un éventuel cheminement vers la Coupe Amway, on met nos efforts là-dessus, et aussi, on va peut-être mettre l'effort sur la création d'une équipe que j'appellerais «all-star PLSQ».

Mais de toute façon, étant donné qu'en ce moment on fait face à¸la possibilité de coupures financières, il va y avoir des choix qui vont être faits dans l'avenir. Donc, pour l'instant, la dernière rencontre, ç'a été de dire qu'on a toujours l'intérêt de faire ça, qu'on veut toujours faire ça, et de toute manière ça fait partie de notre mandat. Mais est-ce que financièrement, on a les moyens de financer ça? Pour le moment, non.

NDLR : La conclusion de cet entretien sera publiée plus tard cette semaine.