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juil 29

En première place!

Le Fury d'Ottawa a réalisé une première dans son histoire depuis que l'équipe  a rejoint la NASL, il y a un an et demi, en s'emparant du premier rang au classement général de l'année 2015.

La formation dirigée par l'entraîneur-chef Marc Dos Santos a réalisé l'exploit en s'imposant 2-1 contre les RailHawks de la Caroline, dimanche, quatre jours après avoir vaincu les Silverbacks d'Atlanta par le même score et pris les commandes du classement de la saison d'automne.

Outre l'aspect symbolique – signifiant que le Fury fait maintenant officiellement partie des équipes à battre dans la NASL, à sa deuxième campagne seulement dans le circuit –, occuper une telle position a son importance puisque les quatre équipes qui accéderont aux séries éliminatoires sont les deux champions de demi-saison, soit celui de la saison du printemps et celui de la saison d'automne, ainsi que les deux premiers au classement général sur l'ensemble de l'année.

Une qualification en séries serait une première pour le Fury.

Fort conscient de l'importance du moment, Dos Santos a coupé court à sa rencontre avec les journalistes après le match de dimanche. Sachant fort bien que dans de telles circonstances, les représentants des médias ont tendance à poser mille et une questions à l'entraîneur pour l'amener à expliquer les raisons d'un tel succès, ce qui a tendance à mettre le pilote d'une équipe sous les projecteurs, l'ancien entraîneur de l'Impact a simplement déclaré «mes joueurs sont des guerriers» avant de quitter en invitant les journalistes à aller parler plutôt aux joueurs. Un geste qui l'honore.

Suivant son conseil, La 90e minute s'est donc entretenu cette semaine avec Sinisa Ubiparipovic à propos des bons moments que vit présentement le Fury. Le vétéran milieu de terrain reste un des éléments-clés de l'équipe d'Ottawa, alors qu'il dispute pas mal tous les matchs lorsqu'il est en santé.

Voici ce qu'avait à dire l'athlète de 31 ans qui s'est joint au Fury lors des débuts du club en NASL, en 2014, après avoir appartenu à l'Impact de 2011 à 2013, sans toutefois beaucoup jouer après l'entrée du club en MLS – et ce, même si Ubiparipovic avait disputé 69 rencontres pour les Red Bulls de New York de 2007 à 2010.

UN MESSAGE FORT

LA 90e MINUTE : Sinisa, qu'est-ce que cette première place signifie pour les membres de l'organisation du Fury?

SINISA UBIPARIPOVIC : C'est significatif pour tout le monde. Ça envoie un bon message, tout d'abord, à nous tous (dans l'organisation), en ce sens que ça nous montre ce dont  nous sommes capables. Et c'est un message aussi à l'ensemble de la ligue, qui dit que le Fury a tellement progressé depuis un an que nous pourrions être une menace sérieuse si nous poursuivons dans la même veine.

90eM : Vous vous êtes hissés en première position grâce à une séquence de 10 matchs sans défaite. Comment cette série a-t-elle commencé et comment l'expliquer?

SU : Sur le terrain, ça s'explique par la discipline affichée par les joueurs, par leur travail acharné et leur volonté de respecter les tâches que l'entraîneur leur demande de faire. Il y a aussi le fait qu'après avoir disputé trois, quatre et cinq matchs sans défaite, le niveau de confiance de tout le monde est décuplé. Ça fait en sorte qu'après un moment, tu es sur une erre d'aller. En même temps, tout le monde sait que nous allons perdre un match à un moment donné, tout comme nous savions que nous allions finir par accorder un but durant notre séquence de matchs sans donner de but, qui a finalement duré six rencontres. Mais nous ferons notre possible, nous faisons notre possible pour prolonger cette belle séquence le plus possible.

90eM : Selon ce qu'on nous a expliqué, la série sans défaite a commencé après une séquence difficile, où vous avez accordé beaucoup de buts en quelques matchs, notamment contre Edmonton en championnat canadien, et les entraîneurs ont alors demandé aux joueurs d'accorder plus d'attention à la défensive. C'est bien ça?

SU : Effectivement, oui, nous avons accordé neuf buts en trois matchs en l'espace d'une semaine et après ça, on nous a demandé de revenir à la base, de s'assurer d'être solide en défense, tout en ayant confiance qu'en faisant ça, les occasions allaient venir quand même à l'attaque.

90eM : Et c'est ce qui a commencé à se passer, alors que vous avez marqué 11 buts à vos cinq derniers matchs…

SU : Oui.

LA RIPOSTE FACILE

90eM : Quand Marc Dos Santos a déclaré, après le match de dimanche, que ses joueurs sont des guerriers, expliquez ce qu'il voulait dire par ça.

SU : Nous ne baissons jamais les bras. À nos trois derniers matchs, nous avons marqué le premier but et l'adversaire a ensuite égalé le score, mais nous avons continué de pousser et nous avons trouvé le moyen d'enfiler les buts nécessaires pour l'emporter. C'est arrivé contre Indy Eleven, alors que nous avons marqué trois buts, dont deux en deuxième demie, après les avoir vu égaler à 1-1. Et à nos deux derniers matchs, contre Atlanta et la Caroline, nous avons pris les devants 1-0, ils ont fait 1-1, puis nous avons marqué le filet vainqueur dans les 20 dernières minutes du match. Tout le monde a la foi, cette confiance que peu importe ce qui arrive dans le match, nous serons capables de riposter.

90eM : Après le match de dimanche, Marc a demandé aux journalistes de parler aux joueurs, il voulait que les projecteurs soient sur eux. Mais parlez-nous du travail fait par Marc et ses adjoints depuis un an et demi, et qui a permis d'amener cette équipe à un niveau de jeu très élevé aussi rapidement…

SU : Ils ont fait du travail formidable au niveau du dépistage et du recrutement. Ils ont su choisir des joueurs qui s'intègrent bien au système qu'ils veulent mettre de l'avant. Et une fois que tu embauches des joueurs, tu dois t'assurer qu'ils croient au système qui est mis de l'avant. Et depuis un an, l'équipe a beaucoup grandi à l'intérieur de ce modèle, en ce sens que nous savons quel genre d'équipe nous sommes, nous savons comment les entraîneurs veulent nous voir jouer. Ça aide à mieux respecter le plan de match.

90eM : Jusqu'où cette équipe du Fury peut-elle aller?

SU : Je crois que nous avons montré des signes que nous sommes une équipe de bonne qualité. Maintenant, il s'agit de rester concentré, de rester humble. Parce que oui, nous sommes en première place en ce moment, mais il y a à peine un peu plus de la moitié de la saison qui a été disputée, ce qui signifie que nous n'avons accompli que la moitié du travail. La deuxième partie de la saison risque d'être la plus difficile.