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juil 08

Gold Cup 2000: une victoire unique en son genre

C'est ce soir que la sélection canadienne masculine entreprendra la Gold Cup… 15 ans exactement après que le Canada eut remporté ce championnat de la CONCACAF des équipes nationales, en 2000. C'est là un exploit qui reste unique en son genre, et qui reste une anomalie dans le palmarès du soccer canadien chez les hommes.

Martin Nash, qui a disputé une saison avec l'Impact de Montréal en 2003 et est aujourd'hui adjoint à l'entraîneur-chef Marc Dos Santos avec le Fury d'Ottawa, s'en souvient très bien. Il faisait partie de cette équipe championne en 2000, en compagnie de deux autres joueurs qui sont passés par Montréal eux aussi, Jason de Vos et Elvis Thomas.

«C'était une sensation fantastique», a dit Nash de cette victoire inattendue lors d'un entretien téléphonique avec La 90e minute, plus tôt cette semaine. «Et c'était un exploit énorme. À ce jour, les États-Unis et le Mexique sont les deux seuls pays qui ont remporté la Gold Cup… sauf le Canada qui s'est immiscé dans le lot cette année-là.»

Ce titre de la Gold Cup est resté inscrit dans les annales du soccer canadien, mais il faut dire par ailleurs que le Canada a bien failli ne jamais se qualifier pour les rondes éliminatoires.

En effet, tous les matchs dans le groupe de la sélection canadienne – la poule incluait aussi le Costa Rica et la Corée du Sud — se sont terminés par une nulle: 2-2 entre le Canada et le Costa Rica, 0-0 entre la Corée et le Canada et 2-2 entre la Corée et le Costa Rica. Il y avait égalité parfaite entre la Corée et le Canada à l'issue du troisième match dans le groupe, si bien qu'il a fallu départager ces deux équipes par tirage au sort.

«Nous avions exigé que le tirage au sort (à pile ou face) ait lieu tout de suite après le (dernier) match, ça s'est passé dans une tente au stade», a raconté Nash, qui a eu droit à 38 sélections avec l'équipe canadienne de 1997 à 2010. «Plusieurs joueurs de l'équipe avaient décidé d'aller attendre dans l'autobus, en se disant que le sort ne nous favorise jamais, que nous n'allions pas nous qualifier, mais environ la moitié de l'équipe est allée regarder le tirage au sort. Quand ç'a été fait et que nous avons gagné, il y avait un peu d'incrédulité au début.

«D'ailleurs, en retournant dans l'autobus, les joueurs qui étaient restés là ne nous croyaient pas au début. Ils étaient tellement certains que le tirage ne nous favoriserait pas! Mais au bout du compte, nous avons célébré comme si nous venions de gagner un match.»

Par la suite, le Canada a battu le Mexique 2-1 en quarts de finale, à l'aide d'un but égalisateur tardif de Carlo Corazzin (83e minute) puis d'un 'golden goal' de Richard Hastings à la 92e, et ensuite vaincu Trinité et Tobago 1-0 en demi-finale. Puisque dans la moitié opposée du tableau, c'est la Colombie qui s'est rendue en finale, le Canada était déjà assuré du titre en atteignant le match ultime. Les Canadiens ont quand même battu les Colombiens dans cette rencontre, au compte de 2-0.

«Les Mexicains nous ont dominés pendant une bonne partie du match, mais nous avons vu pu égaler et après, avec le 'golden goal' en prolongation, il suffit d'une seule occasion pour faire la différence… Et tôt en prolongation, on a pu contre-attaquer après un corner, et marquer un beau but sur un contre», a décrit Nash.

«Ensuite, contre Trinité et Tobago, ç'a été un match vraiment ardu. Mais Craig Forrest a été parfait devant le but durant ce match-là, il a réalisé des arrêts incroyables, en bloquant notamment un penalty. Et ensuite, Mark Watson a marqué (à la 68e) à la suite d'une phase de jeu arrêté, et après nous avons réussi à tenir le coup.»

Forrest a d'ailleurs été nommé le joueur le plus utile à son équipe à l'issue du tournoi, tandis que Corazzin a été le meilleur buteur avec quatre filets au total. Hastings a été déclaré recrue par excellence du tournoi, tandis que De Vos a reçu le trophée fair-play. Le Canada a ainsi balayé les honneurs individuels de la compétition.

DU FOOT LIBÉRÉ

Tout au long du tournoi, la sélection canadienne, qui était composée de vétérans et aussi de jeunes joueurs en pleine ascension – parmi les autres joueurs dirigés par l'Allemand Holger Osieck, le sélectionneur, on retrouvait notamment Dwayne DeRosario, Paul Peschisolido, Paul Stalteri, Paul Fenwick, Jim Brennan, Garret Kusch et Tony Menezes – a joué de manière libérée.

«En se retrouvant dans un groupe avec le Costa Rica et la Corée du Sud, nous avions le sentiment que nous n'avions rien à perdre, qu'il n'y avait aucune pression, et nous avons juste joué à notre façon, a indiqué Nash. Tous les joueurs s'entendaient bien, il y avait une bonne chimie, c'était un de ces moments où tous les facteurs ont été réunis.

«Et quand nous l'avons emporté, ç'a été une sensation fantastique. Mais la fête n'a pas duré longtemps, parce que nous étions quelques-uns à devoir prendre l'avion le soir-même (pour retourner en Europe)», a indiqué Nash, qui jouait à l'époque à Chester City.

D'ailleurs, tous les joueurs de l'équipe, sauf quatre, évoluaient pour des clubs européens à l'époque.

Même si le Canada s'est qualifié pour la Coupe des Confédérations qui a suivi, Nash n'a pu y aller. Par ailleurs, le Canada n'a pu répéter ses succès de la Gold Cup lors des qualifications pour la Coupe du monde qui ont suivi. Les qualifs sont un animal très différent, a noté le milieu de terrain qui a passé la majorité de sa carrière nord-américaine en club à Vancouver.

«En qualifications de la Coupe du monde, le Canada a beaucoup de difficultés à aller chercher des résultats à l'étranger. Les conditions sont très difficiles, en Amérique centrale, lorsqu'on joue à l'étranger», a affirmé Nash, en faisant allusion aux partisans hostiles qu'il faut alors affronter. «À l'époque, il fallait aussi composer avec des terrains qui n'étaient pas vraiment réglementaires. Alors quand nous ne réussissions pas à gagner tous nos matchs à domicile, ça devenait difficile pour nous quand nous n'allions pas chercher de bons résultats sur la route.»

ET CETTE ANNÉE

Le Canada disputera son premier match de la Gold Cup 2015 ce soir en Californie, contre le Salvador (22h30, Sporsnet 360 et Sportsnet World). Suivront des matchs samedi à Houston contre la Jamaïque, puis face au Costa Rica à Toronto mardi le 14 juillet. Ces rencontres-là seront télédiffusées à Sportsnet World.

Comme tout le monde, Nash suivra le tournoi attentivement pour voir de quel bois de chauffe la mouture actuelle de la sélection canadienne. Celle-ci en sera à son premier tournoi majeur depuis l'embauche de Benito Floro au poste de sélectionneur.

«Ils ont eu des difficultés quand Benito est arrivé, mais les joueurs semblent s'être adaptés à lui et avoir trouvé leurs repères depuis, a noté Nash. Il semble bien que ça commence à aller dans la bonne direction. Il y a de bons jeunes joueurs qui s'en viennent. Cette Gold Cup va permettre de répondre à certaines questions, de voir où l'équipe en est rendue dans son évolution.»