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avr 30

Le plus triste…

Adieu veau, vache, Japon… Mais le plus triste dans tout ça, ce n'est pas tant que l'Impact se soit effondré soudainement alors qu'il était si près du but, alors que le rêve fou de jouer en Coupe du monde des clubs devenait palpable.

Après tout, cet effondrement, on s'y attendait pas mal tous et toutes, non? Cet effondrement, on le redoutait depuis le début de cette épopée. D'ailleurs, on est venu à un cheveu de le vivre en quarts de finale contre Pachuca. Et puis encore face à Alajuelense.

Puis, on l'a craint plus que jamais, cet effondrement, lors du match aller de la finale contre América au stade Azteca.

Au moment de présenter au Stade olympique, mercredi soir, cet effondrement n'était pas encore venu. Et c'était là, le miracle : que l'effondrement ait été repoussé aussi loin, qu'il ait été aussi tardif.

Alors, quand l'effondrement s'est matérialisé au début de la deuxième demie du match retour, il n'y avait pas de déception à avoir. Juste de la résignation. La résignation devant la fatalité. La fatalité qui aura fini par avoir raison de l'Équipe de la Destinée.

Mais il n'y a pas de raison d'être triste parce que dans les prochaines heures, la fierté d'avoir réalisé – et d'avoir assisté à — un exploit sans précédent dans l'histoire du soccer québécois va reprendre le dessus.

Non, le plus triste dans tout ça, c'est que dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, dans les prochains mois et probablement dans les prochaines années, à chaque fois que le secteur des relations médias de l'Impact va évoquer la Ligue des champions de la CONCACAF dans un communiqué, on va retrouver une phrase du genre «L'Impact, qui est venu à 45 minutes près de se qualifier pour la prestigieuse Coupe du monde des clubs de la FIFA, disputera…»

Ce sera écrit comme ça, entre deux virgules, comme si c'était entre parenthèses, avant de passer à un autre sujet.

Et c'est ça le plus triste. Que toute cette belle épopée, ce parcours qui nous a tant fait vibrer depuis trois mois et qui nous a convaincu que la vie de partisan de l'Impact valait la peine d'être vécue… ne se résume désormais qu'à quelques mots entre deux virgules.

Le plus triste c'est que désormais, à chaque fois que nous lirons ces quelques mots, le coeur va nous remonter légèrement dans la gorge, comme le coeur nous est remonté dans la gorge un peu passé 21 heures, mercredi soir.

LE PLUS SUANT…

Par ailleurs, le plus suant dans tout ça, c'est cette mautadine impression que les Mexicains d'América ont eu raison d'être arrogants à l'endroit de l'Impact.

Qu'ils ont eu raison d'être arrogants au point de croire qu'il suffirait de se forcer pendant quelques minutes seulement pour réussir à avoir le dessus.

Cette arrogance, elle a coûté cher à Pachuca et à Alajualense, parce que lorsqu'ils ont finalement décidé d'y aller à plein gaz, ils ont réalisé que ça ne se faisait pas en criant ciseau… et ils l'ont amèrement regretté.

Les joueurs d'América ont failli s'y brûler de la même façon parce que dans leurs têtes, sans doute qu'ils croyaient que c'est à Mexico qu'il suffirait de donner ce petit sursaut d'efforts, et qu'ils pourraient ensuite se la couler douce à Montréal.

Il a finalement fallu qu'ils ajoutent quelques minutes de transpiration au compteur sur le synthétique du Stade olympique.

Alors ça fait suer qu'on n'ait pas réussi à leur remettre leur nonchalance sur le nez comme les joueurs montréalais l'ont fait dans les deux rondes précédentes.

ET LE PLUS CRUEL…

Finalement, l'ironie dans tout ça, c'est que le prochain match de l'Impact, celui de mercredi prochain au stade Saputo, sera un affrontement contre le Toronto FC… en Championnat canadien Amway! Comme si la vie de joueur de soccer montréalais était un perpétuel match de coupe…

Mais dans un contexte où il faut s'attendre à que les joueurs de l'Impact connaissent un creux de vague sur le plan psychologique à court terme (un 'down' pour parler en bon québécois), sans doute en est-il mieux ainsi.

En ce sens que tant qu'à cuver son lendemain de veille et bousiller une des deux compétitions à venir, vaut mieux que ce soit en Championnat canadien plutôt qu'en championnat de la MLS.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais ça ne me dérangerait pas trop si on vivait un petit sevrage de matchs de coupe pour l'instant, même si ça voudrait dire attendre jusqu'en 2016 pour la prochaine fois. Je préfère qu'on mette les œufs qui restent dans le panier des séries éliminatoires, question de changer le mal de place.