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juil 23

L’été bien rempli de Marie-Joëlle Vandal

Un superbe début de saison avec le Dynamo de Québec qui a mené jusqu'au Final Four de la W-League, prévu ce week-end à Laval, un résultat sans précédent aux Universiades, un affrontement inoubliable contre la France… Décidément, la gardienne de but Marie-Joëlle Vandal a eu droit à un été bien rempli jusqu'ici.

Celle qui s'est alignée avec le Canada à la Coupe du monde féminine U-20 l'an dernier, à titre de gardienne no 2, continue de garnir son palmarès d'athlète de belle façon, elle qui aspire à se retrouver à moyen terme avec la sélection canadienne senior.

Membre de l'équipe de soccer féminin du Rouge et Or de l'Université Laval qui a remporté le championnat canadien universitaire l'automne dernier, Vandal a par ailleurs été une des figures de proue de la «superbe saison» du Dynamo cette année en W-League. C'est ainsi qu'elle a aidé l'équipe qui en était à sa deuxième campagne dans ce circuit nord-américain à se forger une fiche de 8-2-2, la deuxième meilleure dans l'Association Nord-Est, après celle des Comètes de Laval (9-2-1).

Elle a ainsi aidé le Dynamo à infliger aux Comètes leurs deux seules défaites de la saison, et contribué à dicter le rythme d'une saison qui a marqué un revirement dramatique comparé à la saison précédente. À sa toute première campagne en W-League avec un fort contingent de très jeunes joueuses, en 2014, le Dynamo s'était contenté d'une fiche de 1-8-3.

Cette amélioration dramatique a permis au Dynamo de se retrouver au tournoi Final Four de la W-League, qui aura lieu ce vendredi (demi-finales) et dimanche (finales) au stade Desjardins du Complexe sportif Bois-de-Boulogne à Laval. La compétition regroupera aussi les Comètes, le Pride du Colorado et les Spirit Reserves de Washington (voir le lien en fin de texte pour plus de détails).

Après avoir disputé la majorité des matchs du Dynamo en première portion de saison 2015, Vandal et cinq coéquipières du Rouge et Or ont représenté le Canada aux Universiades tenues à Gwangju, en Corée du Sud, et permis à l'équipe canadienne d'obtenir le meilleur résultat de son histoire au soccer féminin dans cette compétition, soit une quatrième place.

Et avant tout cela, Vandal a été la gardienne partante quand la sélection du Québec a affronté la France à Laval tout juste avant la Coupe du monde féminine. Les Françaises l'ont alors emporté 9-0; mais si le score n'était encore que de 3-0 à la demie, c'est en grande partie grâce aux exploits de celle qui a grandi en jouant pour Lanaudière-Centre, à Repentigny.

Vandal a parlé de son été bien rempli avec La 90e minute lors d'un entretien en début de semaine.

L'ÉVEIL DU DYNAMO

De retour des Universiades dans la nuit de mercredi à jeudi de la semaine dernière, Vandal a retrouvé ses coéquipières du Dynamo pour un premier entraînement, samedi, en vue du Final Four de ce week-end. Cette séance venait remplacer le match que le Dynamo aurait été censé disputer à Long Island au premier tour éliminatoire de la W-League, mais celui-ci a été annulé car les Rough Riders ont déclaré forfait en raison d'un manque de joueuses.

«C'est sûr que c'était un peu mitigé comme sentiment, parce qu'une équipe s'est désistée. Mais on était quand même super contentes de pouvoir participer (au Final Four), on sentait qu'on le méritait, a dit Vandal en décrivant le moral au sein de l'équipe. Surtout après la belle saison qu'on a eue, alors qu'on avait seulement une défaite au moment où j'ai quitté (pour les Universiades). Et après, même s'il manquait plusieurs filles (également invitées aux Universiades), les filles qui étaient encore là avec le Dynamo ont continué de très bien faire. Ç'a permis de prouver qu'il y avait un noyau fort dans l'équipe, composée d'autres joueuses de qualité (que celles du Rouge et Or).»

Vendredi, le Dynamo affrontera Washington à 17h00 au stade Desjardins, tandis que les Comètes se mesureront au Colorado à 19h30. On pourrait donc vraisemblablement se retrouver avec deux équipes québécoises en grande finale, dimanche à 14h30. Chose certaine, le Dynamo n'aborde pas ce tournoi avec timidité après avoir remporté cette saison deux matchs sur quatre contre Laval, une des puissances de la W-League.

«On a une bonne équipe et elles ont une bonne équipe, alors nos attentes sont élevées, a dit Vandal des rivales de Laval. On  l'a vu cette saison, les forces sont divisées, c'est 50-50.»

L'éveil du Dynamo cette année est attribuable à un recrutement plus poussé des joueuses de premier plan de la région de Québec, notamment d'un bon nombre de joueuses qui évoluaient déjà ensemble au Rouge et Or. Ç'a permis d'amorcer la saison sur les chapeaux de roue, selon Vandal, qui avait pris part à quatre matchs avec le Dynamo en 2014, avant d'aller rejoindre le Canada au Mondial U-20 féminin.

«Le fait d'avoir un bon noyau du Rouge et Or a été payant parce qu'on jouait déjà ensemble depuis un long moment, et on a gagné un championnat canadien ensemble, donc la confiance y était», a indiqué Vandal.

Le fait d'avoir des joueuses installées à Québec à l'année longue, d'un côté avec le Dynamo et de l'autre avec le Rouge et Or, permet par ailleurs d'y aller avec un programme de développement à long terme, a reconnu Vandal.

«On avait avait une équipe jeune l'année dernière (en 2014 au Dynamo), on savait que ce serait difficile. Mais juste avec une année d'expérience en poche, ç'a été très payant avec l'entraïneur Marc Mounicot qui a fait un planning sur plusieurs années. C'est une belle continuité», a souligné Vandal.

UN QUÉBEC FORT DANS UNE ÉQUIPE UNIE

Aux Universiades, Vandal s'est retrouvée au sein de l'équipe canadienne en compagnie d'un fort contingent québécois. C'est ainsi qu'elle était accompagnée de cinq coéquipières du Rouge et Or, soit Mélissa Roy, Arielle Roy-Petitclerc, Joëlle Gosselin, Gabrielle Lapointe et Mélissande Guy, ainsi que de trois joueuses du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke, soit Amélie Tremblay, Marie-Ève Jacques et Audrey Lagarde.

«C'est sûr qu'en ayant un noyau de la même équipe, la cohésion s'est quand même faite assez rapidement, a noté Vandal. Mais je dirais qu'on avait des filles qui s'entendaient toutes bien. Il n'y avait pas les Québécoises d'un côté et les Ontariennes de l'autre. Même si on n'avait pas passé beaucoup de temps ensemble avant la compétition, on est devenu une unité très rapidement. Les filles de Laval et Sherbrooke se connaissaient déjà, et on dirait qu'en interagissant ensemble, ç'a amené les autres avec nous. Ça s'est fait très vite.

«Il n'y a jamais eu de frictions entre les filles. Même les filles qui avaient moins de minutes de jeu étaient derrière nous et voulaient seulement le mieux pour l'équipe.»

Le résultat, c'est que les Canadiennes ont remporté leurs trois matchs de groupe, du jamais vu à ce tournoi. Elles se sont imposées, chaque fois par un score de 2-0, tour à tour contre la France, l'Afrique du Sud et les États-Unis. Elles ont ensuite vaincu les Tchèques 2-1 en quarts de finale pour atteindre le carré final pour la première fois dans l'histoire du Canada, après qu'on se soit contenté de la 5e place aux Universiades de 1993, 2005 et 2011.

La rapide succession de matchs a fait place à la fatigue, ce qui s'est traduit par des défaites en demi-finale, 0-4 contre la Russie, puis 0-5 contre le Japon lors du match pour la troisième place.

«Malgré nos performances un peu plus difficiles à la fin, il faut en retenir qu'on a surpassé toutes les attentes, a souligné Vandal. Il faut se rappeler du début du tournoi, alors qu'on était les négligées et qu'on a surpris, pour réussir à atteindre le carré final. C'était en soi un grand accomplissement.»

UN 9-0 QUI FAIT DU BIEN

Vandal a donc multiplié cet été les expériences qui resteront de beaux souvenirs pour elles. Le match contre la France en fera partie aussi. Malgré le score-fleuve, et même si son orgueil en a pris un coup… sur le coup.

«Je suis quelqu'un de très orgueilleuse, mais je crois avoir fait une belle performance», a-t-elle dit de ce match disputé par une équipe québécois rassemblée à la dernière minute, mais qui a débouché sur un très bel après-midi de soccer puisque les gradins du stade Desjardins étaient remplis. «Comme individu, je pense que je suis satisfaite. C'est certain qu'en regardant le pointage, c'est assez difficile à avaler, mais il faut regarder les points positifs. (La France) était une équipe qui était prête à entrer en Coupe du monde, et on a fait du mieux qu'on pouvait. Malheureusement, ça n'a pas bien tourné pour nous, mais je crois que comme gardienne de but, je peux en garder de bons souvenirs.»

Vandal a effectivement multiplié les arrêts en première demie, tenant les Françaises à trois buts, notamment grâce à plusieurs sorties judicieusement synchronisées.

«Elles attaquaient à six, c'était un festival offensif. Je suis arrivée là-dedans en me disant que j'étais 'all in', en me disant 'vas-y, sacrifie-toi pour tous les ballons, puis on verra ce que ça va donner'…»

Vandal qualifie l'expérience de positive parce qu'elle s'inscrit bien dans son cheminement de joueuse qui aspire à rejoindre la sélection canadienne senior un jour.

«Je me dis que j'ai affronté des filles du niveau de la Coupe du monde et que, malgré le pointage, on n'est pas si loin. Reste qu'il y a encore énormément de travail à faire, et je pense que ce match-là va seulement me pousser à vouloir me dépasser.»

Pour d'autres détails sur le tournoi du Final Four qui se déroulera en fin de semaine à Laval :

L'élite de la W-League à Laval