«

»

fév 06

LF5E : du futsal à l’américaine

Même si la Fédération de soccer du Québec s'est amenée dans le portrait cet hiver avec la PLFQ, voilà plusieurs années déjà que le futsal – et le foot en salle sous différentes formes – foisonne dans la province. La LF5E contribue à ce sain bouillonnement depuis quatre ans déjà.

La Ligue de futsal 5 étoiles a été fondée par Alexandre Kénol, ancien joueur des Carabins de l'Université de Montréal et actuel membre du club de Blainville, qui évolue dans la PLSQ semi-professionnelle. Celui-ci a lancé la LF5E dans l'optique d'offrir quelque chose de complémentaire aux joueurs et joueuses qui évoluent au soccer à 11 l'été et qui sont en quête de quelque chose de différent l'hiver.

Il voulait aussi que d'autres profitent des retombées positives découlant de la pratique du futsal, comme il avait pu le faire lui-même.

«En tant que joueur, c'est le soccer intérieur qui m'a le plus permis de progresser et de prendre confiance, plutôt que le soccer à 11», a indiqué Kénol lors d'un entretien avec La 90e minute.

«Puis, quand j'ai commencé à coacher au Collège Laval, dans la première édition de mon équipe, il y avait Karl Ouimette», a dit Kénol de l'actuel défenseur de l'Impact, qui sera président honoraire de la soirée des étoiles de la LF5E qui aura lieu ce samedi soir au Collège Laval. «Karl était un animal physiquement quand il a commencé avec nous, mais techniquement, c'était un peu plus difficile. (Le futsal) lui a permis de progresser énormément à ce niveau.

«Quand je me suis rendu compte qu'un parcours passant par le futsal pouvait donner confiance à plusieurs gens, comme pour moi et Karl, je me suis dit que j'avais envie de me lancer là-dedans. Il y avait déjà beaucoup de compétitions de soccer à sept, et il y avait des activités comme la Coupe du monde Bell et Totalcampo. Dans tout ça, il y avait des choses que j'aimais et d'autres que j'aimais moins, et je me disais que si je pouvais intégrer tout ça dans notre ligue à nous, ça donnerait quelque chose d'un peu différent», a ajouté Kénol, qui se dit d'avis que le futsal est un sport davantage apprêté au goût du Québécois moyen, plus encore que le soccer à 11, en raison de la vitesse du jeu et des nombreux buts qui sont marqués.

STAR-SYSTÈME

Une chose que Kénol a notamment apprêtée à sa propre sauce, c'est de traiter les joueurs et joueuses de sa ligue comme des stars.

«Comme joueur, je me disais que j'aimerais ça me sentir comme une étoile. J'ai toujours été un fan de lutte, et j'adorais les entrées des lutteurs dans le ring. C'est un peu ça que j'essaie de reproduire chez nous. C'est un peu le modèle américain alors que là-bas, même à l'école secondaire, les athlètes se retrouvent sur des affiches et sont adulés dans une certaine mesure en raison de cette visibilité-là.

«Alors, avec notre ligue, on met en valeur nos meilleurs joueurs et joueuses dans nos publicités et nos promotions. On fait des articles sur eux. Il n'y a pas encore de grands noms du futsal québécois, comme il y en a au soccer à 11, alors on essaie de favoriser ça en se disant que les grands noms de demain, c'est aujourd'hui qu'ils sont en train de se construire.»

C'est un peu dans cet esprit que les matchs d'étoiles de la LF5E ont vu le jour. Ce samedi, en vue de la soirée des étoiles 2015, une sélection féminine affrontera les Comètes de Laval – dont plusieurs joueuses évoluent déjà dans la ligue, a noté Kénol -, tandis que la sélection masculine se mesurera à des joueurs de la Toronto Futsal League. Il y aura aussi un match des célébrités, mettant notamment en vedette l'ancien hockeyeur Georges Laraque, ainsi que les anciens de l'Impact Ali Gerba, Sandro Grande et Eduardo Sebrango.

La soirée permettra d'amasser des fonds pour la Fondation Rêve d'enfants, et quelques amis de La 90e minute ayant participé à l'événement par le passé nous ont avoué qu'ils avaient bien aimé son côté festif.

PROGRESSION ET DISCUSSIONS

Même si Kénol s'est fait dire au début que son projet ne mènerait à rien et qu'il était fou de se lancer là-dedans, la LF5E, qui est sanctionnée par l'ARS Laval, a fait sa place, et même plus.

«On est passé de 12 équipes à 30 équipes, puis à 50 équipes et 56 équipes, a souligné Kénol. Ç'a grossi beaucoup plus rapidement que prévu. Il y a des choses que je ne pensais pas qu'on serait capable de faire et qu'on a faites. Je ne pense pas qu'on ait encore plafonné. On peut encore se perfectionner, mais  on a aussi fait beaucoup de chemin jusqu'à maintenant. À mon humble avis, on a contribué un peu à la promotion du (futsal) au Québec.»

La PLFQ de la FSQ est allée de l'avant cet hiver sans la LF5E, même si Kénol a dit avoir tendu la main à la Fédé avant le lancement de ce projet, se disant prêt à travailler avec ses dirigeants pour le développement du futsal. Il reconnaît qu'il s'est posé des questions au début quand la PLFQ a été lancée sans que sa ligue ne soit impliquée, mais il l'a pris comme une motivation à faire encore mieux avec son propre produit.

Kénol dit que les canaux de communication sont toujours ouverts avec la FSQ, ce que le directeur général de la Fédé Patrick Esparbès nous a confirmé de son côté. Kénol assure qu'il y un intérêt mutuel de travailler dans le même sens, mais qu'il reste à savoir quelle forme tout cela prendra concrètement.

«On a eu de bonnes discussions, reste à voir comment ça fonctionnerait, a indiqué Kénol. C'est sûr qu'on veut aider à promouvoir le sport, mais on ne veut pas perdre notre identité. On veut pouvoir continuer d'avancer, de grandir et de faire de belles choses.

«S'il y a quelque chose qu'on a réussi et dont je suis très fier, c'est le sentiment d'appartenance qu'on a créé, a conclu Kénol. Et on veut continuer à travailler là-dessus.»