Pourquoi La 90e minute

«Le soccer est le sport de l’avenir… et le restera toujours», lançaient jadis les hérétiques pour se moquer des apôtres du ballon rond.

Cette boutade, davantage empreinte de méchanceté que d’humour, était surtout devenue la litanie des Américains ancrés dans leurs certitudes basées sur la trinité baseball-football-basket. Ils se moquaient ainsi des «illuminés» qui leur disaient que le soccer était un sport en pleine expansion chez les jeunes, que ce n’était qu’une question de temps avant que ces jeunes deviennent, à l’âge adulte, des spectateurs de matchs de soccer professionnel…

Exaspérés de se faire casser les oreilles avec le slogan «le soccer est le sport de l’avenir», ils répondaient à ces militants du foot que «Soccer is the sport of the future… and always will be», en laissant entendre que le potentiel du foot d’ici ne se réaliserait jamais.

Leurs certitudes ont fini par s’ébranler. Ceux qui doutent encore ont maintenant, au moins, la sagesse de se taire.

Quand je me suis joint aux apôtres du soccer en 1986, j’ai vite adhéré aux évangiles selon Saint-Georges (Schwartz), Saint-Pascal (Cifarelli), Saint-Jacques (Gagnon) et compagnie. Pas parce qu’ils m’ont lavé le cerveau, mais parce qu’ils m’ont ouvert les yeux.

La LNSQ, le Supra et les débuts de l’Impact n’étaient que la toute petite pointe de l’iceberg. En étant impliqué de près, j’ai été en mesure de voir le reste du glacier qui se cachait sous l’eau. Et qui est, aujourd’hui, beaucoup plus visible.

Puisque rien ne vient jamais remplacer un premier amour véritable, j’ai toujours continué de rester impliqué dans le soccer, même quand la vie m’a amené ailleurs.

Et maintenant, au moment où le soccer d’ici prouve que son heure de gloire est arrivée, je me sens privilégié d’avoir un bagage d’expérience aussi important dans ce sport et d’être en position de le partager avec des partisans qui sont plus nombreux et plus ardents que jamais. C’est par l’entremise de ce site web, La 90e minute, que je tâcherai de le faire.

Je veux remercier Georges Schwartz, Pascal Cifarelli et le regretté Jacques Gagnon, qui est sans doute bien installé entre un terrain de foot et une plage tropicale quelque part dans une autre dimension. Ils ont eu un impact énorme et positif sur ce que je suis devenu aujourd’hui. Merci, aussi, aux dizaines, centaines et milliers d’autres passionnés que j’ai eu la chance de croiser et re-croiser depuis 1986, sur les terrains, dans les gradins et ailleurs.

Grâce à eux et pour eux, La 90e minute visera sans cesse de célébrer le présent du soccer québécois, tout en restant fidèle à son passé et en ayant l’œil sur son avenir.

En espérant que vous aurez du plaisir à passer du temps avec nous.

Marc Tougas
La90eminute.com
Voir aussi: Fondateur et auteur