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juil 17

Quand il fait chaud…

Lorsqu'on lui a demandé son avis sur le match de dimanche dernier contre le FC L'Assomption-Lanaudière, l'entraîneur des Griffons de Mont-Royal Outremont Luc Brutus s'est surtout attardé aux conditions dans lesquelles ledit match a été disputé. En déplorant la situation.

Il faisait beau et chaud, dimanche dernier. Une température idéale pour se prélasser au grand    air et se faire bronzer… tout en regardant un match de soccer. Mais le jouer? Ça, c'était une autre histoire.

«Il faisait chaud, les conditions étaient très difficiles en raison de la chaleur.  Ce n'est vraiment pas l'idéal quand on dispute des matchs, comme ça, en après-midi, à une heure comme celle-là», a commenté – à chaud, c'est le cas de le dire! – Brutus après la rencontre, remportée 3-1 par le CSMRO pour ainsi permettre au club du Lac St-Louis de se qualifier pour les demi-finales de la Coupe PLSQ.

Le match a commencé à 13h et il faisait effectivement chaud. C'était juste en deçà de la limite de l'inconfort pour le spectateur, à la condition d'être léger vêtu, mais ça devait effectivement être infernal pour les joueurs, surtout que le match était disputé sur synthétique – une surface qui, on le sait, ajoute cinq à sept degrés à la température ambiante.

«Il faisait facilement 35 degrés sur le terrain», a noté le vétéran défenseur Abraham François, qui était quand même de bonne humeur en raison de la victoire des siens.

Brutus, lui, l'était moins, même s'il était quand même calme et posé. Mais le ton était ferme.

«C'est dommage, le spectacle en souffre», a-t-il déploré.

Kambiz Ebadi, le commissaire de la Première ligue de soccer du Québec, a expliqué à La 90e minute, cette semaine, que les gouverneurs de la ligue avaient décidé, avant le début de la saison, de laisser aux équipes receveuses la liberté de disputer leurs matchs locaux à l'heure de leur choix.

«Ce sont des réunions qui ont lieu avant la saison et qui permettent d'établir des politiques pour l'ensemble de la ligue, a indiqué Ebadi. Par exemple, cette année, les gouverneurs ont statué sur les équipes réserves, à savoir si elles devaient jouer la même journée que l'équipe première de leur club, ou une journée différente.»

La décision, dans ce dossier-là, a été de laisser chaque club décider. La même chose a été décrétée concernant l'heure du coup d'envoi. On a ainsi renversé la politique initiale, qui était de jouer les matchs à l'intérieur d'une plage de temps spécifique.

«Il y a eu des commentaires sur le sujet, mais ils n'ont pas voulu que ce soit fixé en tant que tel, a affirmé Ebadi. Ils ont préféré que chaque équipe receveuse décide, parce qu'elle connaît sa clientèle, à quelle heure les gens sont plus enclins à venir voir le match.

«Nous, à la ligue, on préférerait que les équipes jouent en soirée, mais il y a des équipes qui aiment mieux jouer avant l'heure du repas.»

C'est ainsi que L'Assomption joue très souvent ses matchs le dimanche à 13h, et continue de le faire à cette période de l'année, même si les chances qu'il fasse très chaud sont plus grandes. Par ailleurs, un club comme Lakeshore, qui disputait ses matchs à midi en début de saison, prévoit plutôt des rencontres à 21h par les temps qui courent.

«C'est vrai qu'en juillet et août, un match disputé (en début d'après-midi) peut donner lieu à des conditions très difficiles, surtout que la majorité de nos clubs jouent sur synthétique», a reconnu Ebadi, qu'on voit à gauche dans la photo… par une récente journée fort chaude à Kirkland.   «Mais c'est l'ensemble (des gouverneurs des clubs) qui a décidé de ne pas avoir d'heures fixées par la ligue.

«Maintenant, si Luc ou d'autres trouvent que… Luc va certainement soulever le sujet en vue de l'année prochaine et, le cas échéant, on corrigera.»

LA SAGESSE DES ARBITRES

Heureusement, lorsqu'il fait chaud, les arbitres sont invités par la ligue à faire preuve de sagesse. Ç'a été le cas lors du match de dimanche entre le CSMRO et L'Assomption, alors que l'arbitre a accordé une pause au milieu de chacune des mi-temps pour permettre aux joueurs de retourner au banc afin de boire de l'eau et de souffler un peu.

Dans la PLSQ, les bancs des équipes sont souvent recouverts d'un chapiteau, ce qui permet aux joueurs substituts d'être à l'abri du soleil… ou de la pluie s'il pleut.

«Ce n'est pas une règle comme telle, mais c'est une éthique d'arbitrage, qui veut que l'arbitre puisse décider, dans des cas extrêmes comme ça, d'arrêter le match à toutes les 20 à 30 minutes pour accorder des pauses», a affirmé Ebadi.

Par ailleurs, dimanche, il y avait des bouteilles d'eau tout autour du terrain, même du côté opposé aux bancs. Et lorsqu'un joueur, pendant une remise en jeu, mettait un pied en touche pour aller cueillir une bouteille d'eau gisant au sol ou encore pour attraper la bouteille d'eau que lui lançait une connaissance à partir des gradins, le juge de touche – avec raison – fermait les yeux sur ce qui constituait en théorie une infraction.

«Nos arbitres sont capables de réfléchir, on essaie de ne pas avoir des machines sur le terrain», a commenté le commissaire à ce sujet.