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jan 12 2015

Quatre ans plus tard, le jour et la nuit

Entre la préparation d'avant-Coupe du monde actuelle et celle qui a précédé le Mondial féminin de 2011, «c'est le jour et la nuit» pour les joueuses de l'équipe canadienne féminine, estime Marie-Ève Nault.

Et c'est tant mieux puisqu'il y a quatre ans, la Coupe du monde en Allemagne s'était avérée un désastre pour le Canada, alors que Carolina Morace était à la barre. Maintenant que John Herdman est en poste, l'approche est beaucoup plus équilibrée et «optimale», selon Nault. Ce qui tombe bien puisque les Canadiennes se retrouvent dans l'obligation de bien performer étant donné que le tournoi aura lieu en sol canadien, au mois de juin prochain.

Avec Morace, le camp d'entraînement pré-CM avait pris des allures de camp militaire, a reconnu Nault lors d'un entretien avec La 90e minute en provenance de la Chine, où l'équipe canadienne dispute présentement la Coupe des quatre nations.

«Oui, tout le monde était un peu 'burn-out'», a affirmé Nault, qui était revenue dans le giron de l'équipe canadienne quand Morace était arrivée en poste, après avoir été ignorée durant l'époque où Even Pellerud dirigeait la sélection nationale. «Les joueuses étaient toujours ensemble, on a passé trois mois à Rome, mais psychologiquement, ce n'était vraiment pas optimal.

«Tandis qu'avec John, il y a un équilibre. Il nous permet notamment de passer du temps avec nos familles, de sortir de temps à autre de cet environnement de pression constante», a indiqué la Trifluvienne de 32 ans, qui a participé au camp en résidence à Vancouver avant le temps des fêtes, pour ensuite retrouver ses coéquipières la semaine dernière, en vue du voyage en Chine.

«Avec John, aussi, on se concentre sur différents aspects, soit le côté technique, le côté physique, le côté psychologique et tout ce qui touche les aspects en dehors du terrain», a ajouté Nault.

«(En 2011), tout était concentré uniquement sur les aspects sur le terrain. Maintenant, ce qui concerne les relations entre les joueuses, par exemple, est beaucoup plus sain qu'il y a quatre ans.

«Il y a aussi le fait que les joueuses ont maintenant toutes sortes d'outils à leur disposition qu'on n'avait pas en 2011. Des outils technologiques qui nous permettent d'analyser nos entraînements, par exemple», a indiqué Nault.

LE TOUT POUR LE TOUT

Par ailleurs, en 2011, Morace avait tout misé sur le premier match des Canadiennes au Mondial, soit celui contre la sélection hôte, celle d'Allemagne. Tout, dans la préparation, avait été investi dans cet affrontement. L'Italienne a fait un mauvais calcul, alors que son équipe s'est inclinée 2-1, malgré l'inspiration procurée par la prestation de Christine Sinclair, qui a continué de jouer malgré une fracture au nez subie pendant la rencontre.

Puis, lors du match suivant, à l'occasion d'un duel qui allait décider de tout contre une équipe de France en pleine ascension au sein de la hiérarchie mondiale du foot féminin, et malgré la présence de Sinclair avec un masque protecteur au visage, les Canadiennes n'avaient plus de jus. Elles se sont inclinées 4-0 et ont été éliminées dès lors. La défaite contre le Nigeria, lors du troisième match de la phase de groupe, ne voulait plus rien dire.

Dans les jours qui ont suivi le tournoi, le dossier Morace est devenu une boîte de Pandore et celle-ci a quitté dans la tourmente.

L'arrivée subséquente de Herdman s'est avéré un baume. À l'occasion du premier tournoi d'importance sous la direction du jeune entraîneur britannique, dès octobre 2011, le Canada a remporté l'or devant le Brésil aux Jeux panaméricains de 2011 à Guadalajara, au Mexique.

Puis, il y a eu cette performance en bronze aux Jeux de Londres en 2012, encore au-delà des attentes, qui a frappé l'imagination des gens au pays, au-delà des frontières habituelles du foot féminin.

PROGRESSION TACTIQUE

Même s'il a devancé l'échéancier au chapitre des résultats, Herdman a continué avec son plan d'origine, cherchant à bâtir la sélection féminine senior afin qu'elle continue d'obtenir des résultats à court terme, tout en préparant le terrain pour l'avenir. C'est donc avec une couche de vernis de plus, par rapport aux JO de Londres, que les Canadiennes disputeront le Mondial féminin devant une foule partisane, cet été.

«Tactiquement, on a beaucoup progressé (depuis les Jeux olympiques), a affirmé Nault. En ce sens qu'on peut maintenant entreprendre un match avec une certaine formation, et la changer en cours de route pour s'adapter à l'autre équipe. Par exemple, si on voit que certaines choses ne fonctionnent pas en 4-4-2, on va peut-être y aller en 4-3-3. On a beaucoup travaillé là-dessus et je dirais qu'on est maintenant capable de le faire sans que John nous dise de le faire.»

Herdman a aussi demandé à ses joueuses, à l'intérieur de la structure collective qu'il a mise en place, d'y aller de leurs propres élans de créativité en misant sur les atouts que chacune d'entre elles possède.

«Il veut qu'on mette en application tous les trucs tactiques qu'on a appris, mais aussi ce qu'on peut apporter de plus individuellement, pour vraiment aider l'équipe à grandir et à être de plus en plus performante», a expliqué Nault.

Ce qui fait que désormais, Nault et ses coéquipières sont confiantes qu'elles seront en mesure de bien réagir devant chacun de leurs trois adversaires dans la phase de groupe de la Coupe du monde 2015, que ce soit la Chine (le 6 juin à Edmonton), la Nouvelle-Zélande (le 11 juin à Edmonton) ou les Pays-Bas (le 15 juin au Stade olympique à Montréal).

«On sait qu'on va être prêtes pour chaque match, a-t-elle souligné. En terme de préparation, ça va être vraiment optimal.»

UNE RÉPÉTITION GÉNÉRALE EN CHINE

La présence des Canadiennes à la Coupe des quatre nations en Chine, cette semaine, s'inscrit justement dans cette recherche d'une préparation optimale. Après avoir battu la Corée du Sud 2-1, dimanche, la sélection canadienne affrontera le Mexique, mardi, puis la Chine, jeudi.

«C'est un peu pourquoi l'équipe est venue ici, ça imite la phase de groupe de la Coupe du monde, en ce sens qu'on disputera trois matchs rapprochés, a indiqué Nault. Contre la Chine, qu'on va également affronter cet été, on ne sait pas encore si on va sortir tout l'arsenal qu'on prépare pour la Coupe du monde, mais il va falloir quand même travailler sur certaines choses pour savoir ce qui fonctionne ou non.

«Et dans les deux autres matchs, c'est une occasion d'affronter des équipes qui jouent un football semblable à ce qu'on va affronter à la Coupe du monde, donc ça va être une bonne préparation en vue de ce qui s'en vient.»